Dans le groupe B, surnommé "groupe de la mort", les Ivoiriens, favoris de l’épreuve mais qui ont encore tout à prouver, devront manœuvrer pour passer sans encombre l’obstacle des Super Eagles. Le Nigeria n’a plus rien à voir avec l’équipe qu’elle fut du temps où Jay Jay Okocha nous régalait de ses gris-gris et Sunday Oliseh de ses frappes supersoniques. Mais il n'en reste pas moins un Grand d’Afrique. Et peut trouver des ressources de motivation insoupçonnées.

Alors, attention, un Eléphant prévenu en vaut deux. Et on ne va pas tarder à savoir ce qu’il y a dans le ventre des pachydermes.

Le choc entre l’Egypte, tenante du titre, et le Cameroun, les deux nations les plus titrées du continent, promet lui aussi. La rivalité est traditionnelle et historique. Les Lions indomptables ont encore en travers de la gorge le nul 1 –1 concédé à Yaoundé en octobre 2005, face aux Pharaons. Nul qui les avait privés d’une cinquième participation d’affilée en Coupe du Monde (pour le plus grand bonheur des Eléphants de Côte d’Ivoire).

En valeur pure, les Lions indomptables, emmenés par un Samuel Eto’o qui a retrouvé toutes ses sensations de buteur avec Barcelone, et dont l’ossature a peu évolué depuis deux ans, sont supérieurs. Mais les Pharaons n’auront aucun complexe. Leur jeu technique et léché pourrait bien poser d’insurmontables problèmes aux grands gabarits du Cameroun. A moins que les deux équipes, qui se craignent, ne jouent aux épiciers…

Autres retrouvailles épicées en perspective : celles entre la Tunisie et le Sénégal, dans le groupe D. Les Aigles et les Lions se connaissent bien. Les premiers avaient battu les seconds 1 – 0, à Radès, au terme d’un match électrique, en quart de finale de la CAN 2004.

Le match aura une saveur toute particulière pour Henri Kasperczak, le coach français des Lions de la Teranga, qui a longtemps entraîné les Tunisiens, et les avait notamment hissés en finale de la CAN 1996, une CAN organisée et remportée par l’Afrique du Sud.

Les Sud-Africains justement arbitreront ce duel. Ils auront à cœur de se racheter et de laver l’affront que leur avaient infligé les Tunisiens en poules, pendant la CAN 2006 – défaite 3 à 0.

Toujours aussi loquace avec les journalistes, l’entraîneur des Aigles de Carthage, Roger Lemerre, dont l’équipe semble sur la pente descendante, a eu ce commentaire digne de figurer dans une anthologie de la langue de bois : « Le Sénégal, l’Afrique du Sud, l’Angola ? C’est un tirage… Je n’ai pas d’opinion… Ce qui compte c’est pendant. Je souhaite bonne chance aux compétiteurs. Désolé, cela ne m’inspire rien… Â»