Allons donc ! Otto Pfister, l'entraîneur n'a été nommé par le ministère des Sports que trois mois avant la CAN. Et il n'a toujours pas été reconnu comme tel par la Fédération camerounaise de football ! Le pauvre n'a dirigé son premier vrai entraînement que huit jours avant le début de la compétition. Le seul match de préparation de "haut niveau" a opposé le Cameroun à... une obscure "sélection de Galice", en Espagne.

En d'autres temps, la perspective d'empocher une prime de 100 000 euros pour chaque joueur en cas de victoire finale engendrait des exploits. Mais faut pas abuser...
Même Dieu, le dernier fétiche à la mode, a préféré laisser le meilleur l'emporter. Avec deux messes dites en son nom, l'une à la cathédrale de Yaoundé avant le départ au Ghana et l'autre, célébrée par un prélat ghanéen à Koumassi, les Camerounais ont prié presqu'autant qu'ils se sont entraînés. En vain. Il faut croire que Dieu a reconnu les siens.

Le déclin de la maison Cameroun n'est pas une bonne nouvelle pour le football africain. Loin s'en faut. Ce pays faisait partie des cinq nations (Egypte, Nigeria, Côte d'Ivoire et Ghana) capables de gagner une coupe du monde en travaillant davantage. L'Afrique a déjà perdu l'Algérie des années 80 avec Belloumi, Assad et Madjer, le Maroc de Timoumi et le Sénégal de la cuvée 2002.

Le niveau de la CAN 2008 nous renseignera sur la capacité du foot africain à remporter le Mondial 2010, la première coupe du monde jamais organisée sur le continent. À voir le spectacle moyen de la première journée, c'est pas gagné...