En Afrique, ils le savent bien, il n’y a aucune assurance que le salaire convenu avec les autorités sera payé rubis sur ongle. Les infrastructures sont délabrées et les politiques s'ingèrent dans la sélection des joueurs, ça non plus ce n’est pas un secret. Le désordre et l'amateurisme minent les fédérations, tandis que les joueurs sont réputés indisciplinés...

Seulement, voilà : il faut bien gagner son pain... Les candidats aux postes d'entraîneurs sont nombreux et il y a très peu de places. Trop de diplômés en chômage et d'anciens footballeurs reconvertis. Alors pourquoi pas une pige au soleil ? Quitte à résider en Europe, où, au bout du compte, on est plus proche des joueurs.

Du côté des Africains, il me semble réducteur de présenter le recours aux techniciens occidentaux comme une manifestation du complexe du colonisé. Les raisons du recrutement d'un expatrié grassement payé ne manquent pas.

D'abord, la légitimité : il peut exercer son autorité sans complexe sur les professionnels venus des clubs européens, à l'inverse d'un entraîneur local mal payé et parfois corruptible.

Ensuite, il part avec un avantage étrange mais non négligeable : le "sorcier blanc" est présumé neutre. Gérard Gili (Côte d'Ivoire) n'est ni Dioula, ni Bété, et ne saurait être soupçonné de faire la part belle aux joueurs d'une ethnie. Il forme la meilleure équipe possible, sans se soucier de l'origine ou de la religion des joueurs.

Enfin, le "sorcier blanc" attire l'attention des médias de son pays, offrant ainsi plus de visibilité à la sélection, dont la bonne image suscite l'intérêt des sponsors.

Au bout du compte, ça me semble être un partenariat plutôt gagnant-gagnant. Et vous, que pensez-vous des prestations de ces entraîneurs ? Vous en êtes satisfaits ?