Mais après sa bourde au stade d'Accra, je suggère humblement à l'emblématique capitaine d'envisager de quitter les stades à court terme, avant le match de trop qui le verra partir sous les sifflets et les huées d'un public qui a souvent la mémoire courte.

Ce jour-là, les supporters oublieront qu'il a participé à deux coupes du monde, cinq CAN dont deux victorieuses, joué en Ligue 1, en Bundesliga allemande, en Premier League anglaise et en championnat turc, après des débuts en première division camerounaise...

Rigobert Song va-t-il suivre l’exemple de Desailly, dont les talents de chroniqueur sportif n'ont pas réussi à faire oublier la pathétique fin de carrière ? Poussé vers la sortie de l'Equipe de France après son catastrophique Euro portugais en 2004, il sera remercié dans la foulée par José Mourinho, alors manager de Chelsea.

"Cap'tain" a-t-il pour autant tiré sa révérence ? Non. Il s'est accroché comme un vulgaire mercenaire : l’un des plus beaux palmarès du football français (après Didier Deschamps) a signé un contrat avec l'obscur Al Gharafa du Qatar, avant d'arrêter les frais et de rentrer en France en 2005.

A l'instar de Marcel Desailly, bien d'autres stars du foot n'ont pas su s'arrêter avant le match ou le geste de trop : l'épisode nantais de Fabien Barthez, les problèmes de dopage de Romario, l'hallucinante prestation du gardien barcelonais Andoni Zubizarreta lors de la finale de Ligue des champions perdue 4-0 par le FC Barcelone face au Milan AC en 1994, ont nui à leur image et empoisonnent leur retraite. Viré du Barça, "Zubi" reçoit encore des avoinées, 14 ans après le naufrage d'Athènes.

La titularisation de Lilian Thuram, un des derniers champions du monde de 1998 encore en activité, en défense centrale des Bleus suscite des débats. Va-t-il, lui aussi, faire son Euro de trop ?

Partir, quand on a été un "dieu des stades" n'est pas une décision facile à prendre. Comment se couper de cette ambiance folle autour du sport le plus populaire au monde ? Comment vivre sans cette adrénaline qui monte quand on descend dans l'arène ? Comment occuper ses journées quand on ne sait rien faire de ses deux bras et qu'on n'a plus les jambes pour courir après un ballon ? Je n'en sais rien.

Mais tant qu'à s'en aller, autant le faire sur un succès. La retraite n'en sera que plus paisible.